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Décès de Michèle Grosjean

 

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Michèle GROSJEAN, professeure de Psychologie du travail à l'institut de Psychologie de l'université Lyon 2 s'est éteinte ce samedi 25 juin 2011.

Nous tenions à rendre hommage à notre amie et collègue qui fut tout simplement une grande dame. Ce texte en l'honneur de Michèle sera forcément un peu rapide et partiel du fait de l'émotion qui nous anime ce jour et ce portrait n'est qu'une partie infime de tout ce qu'elle a pu transmettre aux gens qu'elle a côtoyés, rencontrés, formés ou stimulés intellectuellement.

Michèle a ainsi fortement contribué au développement de la psychologie sociale et de la psychologie du travail à Lyon 2, que ce soit au niveau de ses recherches sur la coopération médiatisée et les communications au travail mais aussi par les diplômes universitaires qu'elle a initiés. En particulier le Master 2 professionnel « Psychologie du travail », qu'elle a dirigé durant plus d'une dizaine d'années et qui a permis à près de 300 étudiants de se professionnaliser comme psychologues du travail. Elle a également mis en place le M2 Recherche « Travail coopératif et travail en réseau » dès 2005 (en partenariat avec l'Ecole Centrale de Lyon) qui ouvre sur de réelles perspectives de doctorats financés et des emplois de chargés d'étude. Elle avait ainsi su bien apprécier et anticiper les besoins scientifiques dans le domaine de l'accompagnement des mutations du travail en lien avec l'implémentation des nouvelles technologies.

Michèle Grosjean a également permis le déploiement et la reconnaissance de la psychologie du travail au niveau régional et national, par le développement d'une formation commune avec l'Université Grenoble 2 (DESP-DU Management psychologique des organisations) ; via aussi, et ce très tôt, son implication dans le réseau national des laboratoires de recherche en psychologie du travail et surtout par la création du GREPSYT (Groupe du recherche en Ergonomie et Psychologie du travail) qui réunit les chercheurs des différentes structures scientifiques de la région Rhône-Alpes dans le but de renforcer les liens sur des projets communs (journées d'étude, colloques, recherches?).

Au niveau international, Michèle comptait également dans son réseau scientifique de très nombreux collègues et amis qui appréciaient sa joie de vivre, sa vitalité, et bien sûr la qualité de ses travaux de recherche. Chercheure invitée dans de multiples laboratoires internationaux et prestigieux, elle a ainsi pu organiser en Juillet 2005 sur Lyon le premier symposium international ARTCO (« Artefacts & Collectives ») sur les théories de l'activité qui réunissait les experts mondiaux de ces approches (Y. Engeström, Y. Clot, M. Goodwin, J.R. Taylor, K. Kuutti, B. Conein, B. Nardi,?).

Son engagement scientifique fut donc très important, notamment par ses recherches sur les processus de coopération au travail ou encore sur le travail médiatisé dans les organisations (RATP, Hôpitaux, EDF?). Ses nombreux articles et ouvrages scientifiques sur ces thématiques (« Communication et intelligence collective. Le travail à l'hôpital » ; « La négociation au travail », ?), unanimement reconnus par la communauté, témoignent d'ailleurs de la rigueur et de l'ampleur de ses travaux qui a permis à toute une génération de chercheurs et d'étudiants de mieux comprendre, entre autre, les mécanismes des interactions au travail.
C'est cette même ferveur et rigueur de travail qu'elle a essayée de transmettre à ses doctorants qu'elle a suivis jusqu'aux derniers jours de sa maladie. Soucieuse de leur devenir et de leur formation au métier de chercheur, elle avait mis en place tout un accompagnement collectif et individualisé pour épauler et soutenir ses étudiants, tant sur le plan scientifique que personnel.

Michelle était également pour nous, enseignants-chercheurs en psychologie sociale et du travail, une collègue dont les valeurs et les convictions -scientifiques, pédagogiques et institutionnelles- demeureront des repères essentiels pour nos projets, nos parcours et plus encore nos choix professionnels.

Michèle était tout cela, sans oublier bien sûr le fait qu'elle était aussi une « belle personne ». Belle, dans le sens de l'humain, nous avions plaisir à discuter avec elle, à rire, à vivre tout simplement. Michèle avait du caractère, elle était aussi autonome et volontaire dans ses choix universitaires, dans sa vie. Enfin, et non des moindres, Michèle était aussi une belle femme, toujours joliment apprêtée et dotée de beaucoup de charme. Nous garderons aussi cette image d'elle?


mise à jour le 16 juin 2013


Université Lumière Lyon 2