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La construction de l'oubli (colloque)

 

- Université de Strasbourg ? Laboratoire « Cultures et sociétés en Europe »

- Colloque International « La construction de l'oubli »
- MISHA, Salle des Conférences, les 25, 26 et 27 novembre 2009


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Argumentaire

L'année 2009 est celle de la commémoration de deux événements majeurs qui ont marqué profondément l'histoire politique, économique et sociale du 20e siècle, à savoir l'éclatement de la Deuxième Guerre Mondiale en 1939 et l'écroulement des systèmes politiques communistes en Europe de l'Est en 1989/1990. Alors que la fin de la Deuxième Guerre Mondiale est considérée communément comme le début de la guerre froide, ce sont les révolutions politiques dans les pays de l'est il y a 20 ans qui ont mis fin à cette période de l'histoire. Tout au long de la deuxième moitié du 20e siècle, les hommes politiques, intellectuels, artistes et surtout les victimes du Troisième Reich ont exhorté l'humanité à se souvenir des crimes commis par les nationaux-socialistes. Depuis 1989/1990, les pays en Europe de l'Est se sont efforcés de leur côté de (re-)construire leur passé communiste après 1945. La mémoire individuelle et collective de la petite aussi bien que de la grande Histoire semble ainsi être au centre de l'espace public depuis bien des décennies.
Ce « court XX siècle », que Hobsbawm a appelé « l'âge des extrêmes » (2003), a été caractérisé par des tyrannies qui ont systématisé la mainmise sur la mémoire et ont voulu la contrôler jusque dans ses recoins les plus secrets (Todorov, 1995). Mais la mémoire ne s'oppose nullement à l'oubli : entre l'effacement et la conservation, elle est toujours et nécessairement une interaction des deux. Il en est de même de l'oubli en tant que processus sélectif et dynamique : tout comme la mémoire, il résulte d'une construction sociale, il est le produit d'une relation spécifique au passé, il participe des multiples réécritures de l'histoire, il se plie à des usages politiques et à des modes de légitimation du pouvoir, il devient, dans certains cas, une stratégie de survie et une valeur fondant l'identité collective d'un groupe (cf. les Gitans étudiés par Fonseca, 1996). Si la mémoire a fait l'objet de multiples études dans les sciences sociales et les Kulturwissenschaften, accompagnant par exemple les vagues mémorielles des vingt dernières années (Assmann, Raphaël, Wieviorka), une moindre importance a été accordée à l'oubli, qui est l'ombre de cette mémoire, le revers d'autant plus nécessaire, qu'il est silencieux et effacé.
Il nous semble indispensable de nous interroger sur la manière dont les grands événements collectifs sont gommés dans l'espace familial ou public ; par exemple ces souvenirs bien discrets de la colonisation, de la guerre, de la dictature ou de la Résistance dans les différentes sources de mémoire : les récits de famille, les albums de photographies, les autobiographies, les manuels scolaires, la production littéraire et artistique, les musées. De la même manière, les commémorations manquées, les silences sur des événements ou des personnages historiques, les pannes de transmission dans les relations intergénérationnelles, les mythes négatifs vont faire l'objet d'une analyse approfondie. Comme le montre Passerini (2003), l'oubli peut constituer une « amnésie imposée » (cf. la guerre d'Algérie en France), mais aussi une forme de thésaurisation du passé fonctionnel à la fondation d'une dialectique démocratique (ex. l'effacement partiel de la guerre civile en Espagne dans le débat public après 1978, Aguilar, 1996 ou encore Loraux sur les interdits de mémoire dans la Grèce ancienne, 1988).
Les figures du mensonge, de l'amnésie, du silence, de l'éphémère, de la désinformation, du refoulement, de la mystification seront aussi explorées.
Une importance particulière sera accordée à la manière dont se constitue, entre la mémoire et l'oubli, une « zone grise » fonctionnelle à la récupération de certains souvenirs selon les contextes et les moments historiques. Ainsi des formes de mémoire institutionnalisée peuvent se traduire, en réalité, dans des oublis intentionnels, cf. l'exemple des génériques « victimes antifascistes » dans les commémorations des pays du bloc soviétique, gommant la diversité d'expériences de ces mêmes victimes.
Dans le cadre de notre colloque, nous voulons interroger, dans une perspective transdisciplinaire, ces différentes modalités de construction de l'oubli, en tant que partie intégrante de la mémoire. Nous souhaitons réunir des sociologues, des anthropologues, des historiens, des politologues, des psychologues, des littéraires, des artistes et historiens de l'art, des muséographes pour analyser la construction de l'oubli dans toutes ses manifestations.

- Les langues du colloque seront le français, l'anglais et l'allemand.


mise à jour le 21 septembre 2014




Coordonnées

Laboratoire GRePS (EA 4163)
Institut de Psychologie – Université Lyon 2
Bâtiment V (1er étage)
5 avenue P. Mendès-France
69676 – Bron (France)

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